Pommes au four de grand-mère, au beurre et au sucre

Par Guillaume · publié le · Fruits & compotes

Main glissant à la cuillère un morceau de beurre dans le cœur d'une pomme évidée, quatre pommes entières incisées à mi-hauteur dans un plat en grès, vide-pomme, bol de sucre, pot de gelée rouge et trognons sur la table
Pommes au four

Le pas à pas

Les étapes

  1. Préchauffez le four à 180 °C, en chaleur traditionnelle (170 °C en chaleur tournante). Lavez les pommes et essuyez-les, sans les éplucher. Choisissez un plat à gratin où elles tiennent debout, proches les unes des autres sans se toucher : environ 20 cm de côté pour quatre pommes.

  2. Évidez chaque pomme par le côté de la queue, au vide-pomme ou avec un petit couteau, en vous arrêtant à 1 cm du fond pour que la garniture ne s'échappe pas : tournez l'outil sur lui-même, retirez le cylindre, puis grattez le fond avec une petite cuillère. Élargissez le puits à 2 cm environ et retirez tous les pépins. Avec la pointe du couteau, incisez ensuite la peau tout autour de la pomme, à mi-hauteur, sur 1 à 2 mm de profondeur.

  3. Travaillez à la fourchette 30 g de beurre mou avec 30 g de sucre. Rangez les pommes dans le plat. Pour la version à la confiture, déposez d'abord une cuillerée à café de gelée au fond de chaque puits ; pour la version à la cannelle, mêlez-la au beurre sucré. Remplissez les puits de beurre sucré, posez le reste du beurre en parcelles sur le dessus et saupoudrez du reste de sucre.

  4. Versez les 10 cl d'eau au fond du plat, à côté des pommes, et enfournez à mi-hauteur. Arrosez les pommes avec le jus du plat à la cuillère deux fois, après 15 puis 30 minutes. Elles sont cuites quand la lame d'un couteau s'enfonce jusqu'au cœur sans résistance et que la peau, dorée et plissée, s'est ouverte le long de l'incision. Comptez 35 minutes pour de petites pommes, jusqu'à 50 pour de très grosses.

    Minuteur — 40 min
  5. Sortez le plat et laissez tiédir une dizaine de minutes : le beurre du cœur est brûlant à la sortie du four. Servez les pommes tièdes, nappées du sirop du plat.

    Minuteur — 10 min
Trois pommes au four dorées et plissées dans leur plat en grès, le cœur garni de gelée rouge, la quatrième servie dans une assiette creuse en faïence bleue et blanche avec son sirop
Sorties du four, la peau plissée, le sirop au fond du plat

Les pommes au four, un dessert de ménage

Les pommes au four tiennent en une phrase : des pommes entières, évidées, un morceau de beurre et du sucre dans le cœur, un fond d’eau dans le plat, et le four fait le reste. Un quart d’heure de préparation, quarante minutes de cuisson, quatre ingrédients qu’on a toujours sous la main à l’automne.

Les papiers de Jane n’ont pas de pommes au four : le « de grand-mère » du titre désigne un genre de cuisine, pas ma grand-mère. C’est un classique familial, un dessert qu’on fait sans balance ni moule, avec les fruits de la saison. La cuisine classique le connaît sous le nom de « pommes bonne femme ».

Quelle pomme choisir pour des pommes au four ?

Une pomme qui tient à la cuisson, à la chair ferme et un peu acide. L’acidité compte autant que la tenue : le sucre et le beurre l’adoucissent, et une pomme déjà très douce donne un dessert plat.

  • La reine des reinettes garde sa forme et son parfum ; c’est la plus sûre.
  • La reinette grise du Canada, à la peau rugueuse, devient très fondante sans se défaire si on ne la cuit pas trop.
  • La Boskoop, plus acide, cuit plus vite : surveillez-la dès 30 minutes.
  • La Golden tient bien, avec un goût plus neutre ; la cannelle ou la gelée lui conviennent.

Écartez les pommes farineuses et celles qui ont séjourné longtemps au chaud : elles tournent en compote dans leur peau. Prenez des fruits de taille égale, autour de 200 g, pour qu’ils cuisent ensemble.

La recette à l’ancienne : du beurre, du sucre, un fond d’eau

La version la plus simple ne contient rien d’autre. On a ajouté depuis des fruits secs, du miel, des épices, du caramel, des biscuits émiettés ; tout cela se défend, mais ce n’est plus tout à fait le même dessert. Trois gestes ont chacun leur raison.

On n’épluche pas. La peau sert de moule à la chair, qui devient presque une compote à l’intérieur.

On évide sans percer le fond. Le puits s’arrête à un centimètre de la base, sinon le beurre fondu file dans le plat au lieu d’imprégner le fruit.

On met de l’eau dans le plat. Elle empêche le sucre de brûler, garde un peu d’humidité dans le four, et se transforme en sirop avec le beurre et le jus des pommes.

Le beurre demi-sel, qui est le beurre courant en Bretagne, convient très bien ici : le sel relève le sucre, comme dans un caramel au beurre salé. Avec du beurre doux, ajoutez une pincée de sel.

Pourquoi une pomme éclate-t-elle au four ?

En chauffant, la chair se ramollit, gonfle et dégage de la vapeur. La peau, elle, ne s’étire pas : si la pression n’a pas d’issue, elle se fend au hasard, souvent sur toute la hauteur, et la pomme s’effondre. Deux précautions suffisent.

La première est l’incision : un trait de couteau qui fait le tour du fruit à mi-hauteur, juste assez profond pour couper la peau. Elle s’ouvrira là, proprement. La seconde est la température. À 180 °C, la chair cuit à cœur avant que la peau ne se dessèche ; à 210 °C, l’extérieur éclate alors que le centre est encore ferme.

Nature, à la cannelle ou à la confiture

Le cœur de la pomme se garnit de trois façons.

Nature : le beurre travaillé avec le sucre, rien d’autre. C’est la version qui laisse le plus de place au goût du fruit.

À la cannelle : une pincée mêlée au beurre sucré. Elle suffit ; au-delà, elle couvre la pomme.

À la confiture : une cuillerée à café au fond du puits, sous le beurre, pour qu’elle ne déborde pas en bouillonnant. Une gelée rouge et acide est le meilleur choix, et la gelée de groseilles remplit exactement ce rôle. La confiture de reine-claude, acidulée elle aussi, donne un cœur plus doux et doré.

Cuisson, arrosage et conservation

Comptez 40 minutes à 180 °C pour des pommes de 200 g. L’arrosage se fait deux fois, à la cuillère, avec le jus du plat : il lustre la peau et l’empêche de se rider à sec. Si le sirop réduit trop et commence à brunir, ajoutez deux cuillerées d’eau. La pomme est cuite quand un couteau la traverse sans résistance ; trop cuite, elle s’affaisse.

Les pommes au four se mangent tièdes. Refroidies puis couvertes, elles se gardent deux jours au réfrigérateur et se réchauffent quinze minutes à 150 °C. La congélation les rend aqueuses ; mieux vaut les faire le jour même, ou la veille.

Pour une autre façon de cuire les pommes au beurre et au sucre, il y a la tarte Tatin. Les autres desserts de ce genre se trouvent parmi les fruits et compotes.

Les questions qu'on me pose

Quelle pomme pour des pommes au four ?

Une pomme à chair ferme et un peu acide : reine des reinettes, reinette grise du Canada, Boskoop. La Golden tient aussi, avec moins de parfum. Évitez les pommes farineuses ou très juteuses, qui s'effondrent en compote.

Faut-il éplucher les pommes avant de les cuire au four ?

Non. La peau maintient la chair pendant la cuisson ; une pomme épluchée s'affaisse. On la lave, on l'essuie et on l'incise simplement tout autour pour qu'elle ne se déchire pas.

Comment cuire des pommes au four ?

Entières, évidées, garnies de beurre et de sucre, dans un plat avec un fond d'eau, 40 minutes à 180 °C en les arrosant deux fois. Un couteau doit entrer jusqu'au cœur sans résistance.

Pourquoi mes pommes au four éclatent-elles ?

Parce que la vapeur de la chair n'a pas d'issue sous la peau, ou que le four est trop chaud. Une incision de la peau à mi-hauteur et une température de 180 °C, pas davantage, règlent le problème.

Peut-on préparer les pommes au four à l'avance ?

Oui. Refroidies et couvertes, elles se gardent deux jours au réfrigérateur. Quinze minutes à 150 °C, avec une cuillerée d'eau dans le plat, les remettent à bonne température.

Que mettre au cœur d'une pomme au four ?

Du beurre et du sucre, c'est la version de base. On peut y ajouter une pincée de cannelle, ou une cuillerée à café de gelée de groseilles ou de confiture sous le beurre.

Avec quoi servir les pommes au four ?

Tièdes, avec leur sirop, telles quelles. Une cuillerée de crème fraîche épaisse ou un peu de fromage blanc, à côté, tempèrent le sucre.