Notre histoire

Jane

Jane, c’est ma grand-mère. Elle s’appelait Jane Ropital, née Dupuis. Veuve de mon grand-père Marcel, elle s’est éteinte en novembre 2025, à 87 ans, en Bretagne — à Saint-Quay-Portrieux, où elle avait passé les dernières années de sa vie. Ce site lui est dédié.

Ses recettes ne tiennent pas dans un cahier relié. Ce sont des feuillets volants : du papier quadrillé, des pages d’agenda de décembre des années 1973 à 1975, une fiche cartonnée. Certaines sont de sa main, d’autres lui ont été données par des amies ou ont été recopiées — une fiche signée Mme Dubuisson, une autre signée Mme Verliac et datée du 19 novembre 1955, la recette d’un restaurant parisien. Ses vins de noix y sont datés d’un été à l’autre. C’est cet ensemble, que j’appelle son cahier, qui est le socle de ce blog.

Son père

Le père de Jane était Meilleur Ouvrier de France en pâtisserie et Compagnon du Devoir. Il a travaillé chez Stohrer, rue Montorgueil à Paris — la plus ancienne pâtisserie de la capitale, fondée en 1730 — dont il a été le gérant pendant au moins trente ans. C’est de lui que Jane tient deux choses fondamentales :

  1. La rigueur du geste. La pâtisserie ne pardonne pas. On pèse, on respecte les temps, on ne triche pas.
  2. Le respect du produit. Un Compagnon ne gâche rien. On utilise du beurre de qualité, on ne prend pas de raccourcis, on assume ce qu’on met dans l’assiette.

Ces principes traversent tout ce que Jane cuisinait — pas seulement la pâtisserie. Et je les tiens d’elle, comme elle les tenait de son père.

Le petit glouton

Jane avait un Yorkshire, que nous appelions tous « le petit glouton ». Il vivait sous ses pieds, dans la cuisine, à l’affût de la moindre chute d’aliment. Il faisait partie du décor autant que la cocotte en fonte et le rouleau à pâtisserie. Vous le retrouverez dans chaque recette — il a droit à sa ligne à la fin, comme un clin d’œil à ce qu’était la cuisine de ma grand-mère : jamais complètement solitaire, toujours partagée.

Ce blog

Ce blog n’est pas une entreprise. C’est un travail de mémoire. Je publie ici, une par une, les recettes de ses papiers. J’y ajoute des classiques de la cuisine familiale française, qui n’en viennent pas — et chaque recette dit clairement de quel côté elle se trouve. J’essaie d’être fidèle à sa voix, à sa précision, à sa manière.

Merci de nous lire.

— Guillaume