Pâté de campagne en terrine, au foie de porc et au veau

Par Guillaume · publié le · Terrines & entrées froides

Mains tassant à plat la farce de pâté dans une terrine en faïence, saladier de farce, galette de goût dans une poêle, foie de porc, eau-de-vie, œuf, mie de pain, échalotes, ail, persil et plat pour le bain-marie
Pâté de campagne

Le pas à pas

Les étapes

  1. Coupez le foie de porc et le veau en morceaux, en retirant les nerfs et les vaisseaux du foie. Passez-les au hachoir, grille moyenne, ou hachez-les par petites quantités au mixeur, par impulsions : la farce doit garder un peu de grain. Vous pouvez aussi demander au boucher de hacher le veau.

  2. Dans un grand saladier, réunissez le foie et le veau hachés, la chair à saucisse, l'œuf, la mie de pain émiettée, la fécule et l'eau-de-vie. Ajoutez les échalotes, l'ail, le persil, les herbes de Provence, le sel et le poivre. Mélangez longuement à la main, jusqu'à ce que la farce soit homogène et un peu collante.

  3. Goûtez l'assaisonnement sans risque : faites cuire une petite galette de farce à la poêle, à cœur, et goûtez-la. Rectifiez le sel et le poivre si besoin. Un pâté froid demande un assaisonnement un peu plus franc qu'une viande servie chaude.

    Minuteur — 4 min
  4. Préchauffez le four à 160 °C. Remplissez une terrine d'un litre environ en tassant la farce par couches et en tapotant la terrine sur le plan de travail pour chasser l'air, lissez le dessus et couvrez avec le couvercle ou une feuille d'aluminium.

  5. Posez la terrine dans un plat à four, versez de l'eau très chaude jusqu'à mi-hauteur et enfournez pour 1 h 30. Le pâté est cuit quand il se rétracte des parois, que le jus qui l'entoure est clair et que le cœur atteint 72 °C au thermomètre.

    Minuteur — 1 h 30
  6. Sortez la terrine du bain-marie et laissez-la tiédir une demi-heure. Posez sur la farce une planchette ou un carton taillé à la mesure, enveloppé d'aluminium, et chargez-la d'un poids d'environ 500 g. Mettez au réfrigérateur dans les deux heures qui suivent la cuisson.

    Minuteur — 30 min
  7. Laissez reposer le pâté au moins 24 heures au réfrigérateur avant de l'entamer : il se raffermit, se tranche mieux et les arômes se fondent. Démoulez-le ou servez-le dans sa terrine, en tranches d'un centimètre.

Terrine de pâté de campagne entamée au dessus bruni, deux tranches denses sur une assiette en faïence bleue avec des cornichons, pain de campagne, moutarde et verre de cidre
En tranches épaisses, avec les cornichons

Une liste sur une page d’agenda

« Pâté en terrine » : c’est tout le titre, en haut d’une page d’agenda des papiers de Jane. Suit une liste, et rien d’autre : 250 g de foie de porc, 250 g de « chair » (à saucisse, sans doute), 250 g de veau, de la mie de pain, un œuf, « 1 cuiller à dessert de fécule », « 3 cuillers d’eau-de-vie », poivre, sel, cinq échalotes, « 4 grosses gousses d’ail », du persil haché, des herbes de Provence. Aucune méthode, aucune cuisson. Pour en faire un pâté de campagne, j’ai complété la méthode à partir de la technique classique du pâté en terrine, et fixé les quantités qui manquaient, comme celles de la mie de pain et du sel.

Pas de pâte autour, pas de décor : de la viande hachée, du foie pour la couleur et le goût, des aromates, un peu d’alcool, cuits dans une terrine au four et au bain-marie, puis servis froids, en tranches, avec du pain. Il se fait la veille, voire l’avant-veille, et s’améliore en attendant.

Hacher et assaisonner

Les trois viandes, à parts égales, se complètent. La chair à saucisse apporte le gras, sans lequel le pâté serait sec. Le veau donne de la tenue et une chair plus claire. Le foie de porc donne le goût, la couleur brune et une partie de la liaison. On les hache à la grille moyenne, pour garder un peu de grain à la coupe.

La liaison vient de l’œuf, de la mie de pain et de la fécule. L’eau-de-vie, elle, parfume : à la cuisson, une partie de son alcool s’évapore. Les échalotes et l’ail doivent être hachés très fin, sans quoi on tombe sur des morceaux crus sous la dent. Pour le sel, je compte environ 10 g, la chair à saucisse étant déjà salée, et je vérifie en faisant cuire une petite galette à la poêle : on ne goûte jamais une farce de porc crue.

À quelle température cuire un pâté de campagne ?

Au four à 160 °C, au bain-marie, pendant une heure et demie environ pour une terrine d’un litre. Le bain-marie empêche les bords de cuire trop vite pendant que le cœur rattrape son retard. Mais la durée ne suffit pas : ce qui compte, c’est la température au centre. Le porc et le foie doivent atteindre 70 °C au minimum ; je vise 72 °C, au thermomètre planté au milieu de la terrine. Sans thermomètre, deux signes : le pâté se décolle des parois, et le jus qui l’entoure est clair, sans trace rosée.

Le repos et le pressage

Sorti du four, le pâté tiédit une demi-heure, puis on le presse : une planchette à la mesure de la terrine, un poids d’environ 500 g, et direction le réfrigérateur dans les deux heures. Le pressage chasse l’air et soude la farce pendant que la graisse fige. Ensuite, il faut attendre au moins vingt-quatre heures avant de l’entamer. Le premier jour, un pâté est mou et ses parfums sont séparés ; le lendemain, il se tranche net.

Combien de temps se garde un pâté maison ?

Cinq jours au réfrigérateur, couvert, à partir du jour de la cuisson. Une fois entamé, un film alimentaire posé sur la tranche coupée l’empêche de sécher et de noircir. Il se congèle, en portions bien emballées, pendant deux mois ; décongelé au réfrigérateur, il reste bon, un peu plus friable. On le sert frais, avec du pain de campagne et des cornichons, à côté des autres terrines et entrées froides qui se préparent la veille.

Les questions qu'on me pose

À quelle température à cœur un pâté de campagne est-il cuit ?

72 °C à cœur, au thermomètre.

Combien de temps se garde un pâté de campagne maison ?

Cinq jours au frais, deux mois au congélateur en portions.

Pourquoi presser un pâté de campagne ?

Pour le rendre dense et facile à trancher. Le poids posé sur le pâté encore tiède chasse l'air et soude la farce pendant que la graisse fige. Un pâté non pressé se tient, mais s'effrite davantage.

Peut-on remplacer le foie de porc ?

Par du foie de volaille, oui : le goût est plus doux, la couleur plus claire. Gardez la même quantité, et la même cuisson jusqu'à 72 °C à cœur.

Faut-il mettre de la crépine ou de la barde ?

Ce n'est pas obligatoire. Une barde de lard sur le fond et le dessus garde le pâté plus moelleux en surface ; la crépine le tient et lui donne une jolie croûte. Sans l'une ni l'autre, le couvercle ou l'aluminium suffisent.

Quand servir un pâté fait maison ?

Pas le jour même : attendez au moins 24 heures, et idéalement 48. Il se raffermit, se tranche mieux et prend du goût. Servez-le frais, avec du pain de campagne et des cornichons.