Frita, tomates et poivrons mijotés à l'huile et à l'ail

Par Guillaume · publié le · Végétariens

Main versant des tomates pelées concassées dans une sauteuse où l'ail roussit dans l'huile, lamelles de poivron vert sur une planche, piments de Cayenne secs, tomates dans l'eau froide et peaux retirées
Frita

Le pas à pas

Les étapes

  1. Pelez les tomates : incisez la peau en croix, plongez-les 30 secondes dans l'eau bouillante, puis dans l'eau froide, et la peau s'enlève seule. Coupez-les en morceaux. Épépinez les poivrons et taillez-les en lamelles.

  2. Faites chauffer l'huile dans une sauteuse à feu moyen-doux et mettez-y l'ail. Laissez-le roussir 4 à 5 minutes en remuant : il doit devenir blond doré et parfumer l'huile, sans brunir, sinon il devient amer.

    Minuteur — 4 min
  3. Jetez les tomates dans l'huile chaude, puis ajoutez les lamelles de poivron et les deux piments de Cayenne entiers. Salez et poivrez.

  4. Couvrez et laissez mijoter 20 minutes à feu doux, en remuant de temps en temps. Les tomates rendent leur eau et les poivrons s'attendrissent.

    Minuteur — 20 min
  5. Retirez le couvercle et laissez évaporer à feu moyen-doux, en remuant plus souvent à mesure que la sauce épaissit. La frita est prête quand il ne reste presque plus de jus, que la tomate forme une compotée épaisse et que l'huile remonte sur les bords.

    Minuteur — 20 min
  6. Retirez les piments, goûtez et rectifiez le sel. Servez chaud, tiède ou froid, avec du pain.

Plat de frita, compotée épaisse de tomates aux lamelles de poivron vert et à l'ail doré, assiette servie avec du pain de campagne, piments retirés sur une soucoupe
Tomates et poivrons verts mijotés puis réduits en compotée

Quelques lignes, et l’essentiel

« Frire ail dans huile — roussir 4 à 5 » : c’est la première ligne de la frita dans les papiers de Jane, presque sans quantités. Suivent les tomates, le « poivron en lamelles », « 2 piments de Cayenne », sel, poivre, et pour finir « Mijoter 20 mn couvert, ensuite évaporer. » Tout ce qui compte y est : l’ordre des gestes, le temps à couvert, et la réduction finale.

Ce que la recette ne donne pas, ce sont les quantités. Je les ai fixées pour quatre personnes : un kilo de tomates, deux poivrons verts, quatre gousses d’ail, cinq cuillerées d’huile d’olive. Tout le reste suit la recette.

Qu’est-ce que la frita ?

Un plat de la cuisine pied-noir, celle des Français d’Algérie : des tomates et des poivrons cuits longuement dans l’huile avec de l’ail, jusqu’à former une compotée épaisse et brillante. On la mange chaude ou froide, avec du pain, en entrée, en accompagnement d’une viande grillée, ou seule. Elle appartient à une famille de plats de tomates et de poivrons qu’on retrouve tout autour de la Méditerranée ; sa plus proche cousine est la chakchouka du Maghreb.

Roussir l’ail, mijoter, évaporer

La frita se fait en trois temps. D’abord l’ail, qui roussit quatre à cinq minutes dans l’huile. Roussir, ici, veut dire dorer : l’ail doit parfumer l’huile et prendre une couleur blonde. S’il brunit, il devient amer et gâte tout le plat ; mieux vaut un feu moyen-doux.

Ensuite les tomates, pelées et concassées, jetées dans l’huile chaude avec les lamelles de poivron et les deux piments entiers. Vingt minutes à couvert : les tomates rendent leur eau et les poivrons cuisent dedans. Enfin, on retire le couvercle et on laisse évaporer. C’est l’étape la plus longue et la plus importante : la sauce réduit, se concentre, et la frita est prête quand l’huile remonte sur les bords et que la cuillère laisse un sillon au fond de la sauteuse.

Frita et chakchouka : quelle différence ?

Elles partent des mêmes ingrédients, et les deux noms se croisent souvent. On réserve en général le nom de chakchouka à la version où l’on casse des œufs sur la sauce à la fin, pour les faire cuire dedans. La frita se sert plutôt nature, plus réduite. Rien n’empêche d’y ajouter des œufs : il suffit alors de creuser des puits dans la frita chaude, d’y casser les œufs et de couvrir quelques minutes, jusqu’à ce que les blancs soient pris.

Servir et garder la frita

La frita est aussi bonne froide que chaude, et meilleure encore le lendemain. Elle se garde trois jours au réfrigérateur et se congèle bien. Sans viande ni produit animal, elle a sa place parmi les plats végétariens, servie avec du pain pour saucer, ou à côté de légumes grillés.

Les questions qu'on me pose

La frita se mange-t-elle froide ?

Oui, et c'est même ainsi qu'on la sert volontiers, en entrée, avec du pain. Elle se mange aussi tiède ou chaude, en accompagnement d'une viande grillée.

Quelle différence entre la frita et la chakchouka ?

Les deux partent des mêmes tomates et poivrons mijotés. La chakchouka, répandue dans tout le Maghreb, se termine le plus souvent avec des œufs cassés sur la sauce. La frita se sert en général telle quelle, plus réduite.

Faut-il griller les poivrons avant de faire une frita ?

Certaines recettes les font griller et peler avant, pour un goût plus fumé. Ce n'est pas obligatoire : en lamelles crues, ils cuisent dans la sauce et restent un peu plus fermes.

La frita est-elle piquante ?

Un peu. Deux piments de Cayenne entiers la relèvent sans l'enflammer, et on les retire avant de servir. Pour une frita plus forte, fendez-les ; pour une frita douce, ôtez-les dès la fin du mijotage.

Combien de temps se garde la frita ?

Trois jours au réfrigérateur, dans une boîte fermée. Elle est aussi bonne froide le lendemain. Elle se congèle bien, deux mois.